Published On: 21 mai 2026
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Le projet de loi d’actualisation de la loi de programmation militaire, portant à 436 milliards d’euros les dépenses militaires d’ici à 2030, a été adopté ce mardi 19 mai à l’Assemblée nationale.
Cheffe de file des socialistes sur ce texte, j’ai défendu un vote Pour de notre groupe. Au regard, du profond bouleversement de l’ordre international que nous rencontrons, nous ne pouvons pas priver nos armées des crédits nécessaires à leur adaptation stratégique.
Néanmoins, ce texte reste une occasion manquée car tous les sujets et transformations qui font pourtant notre actualité ont été évités !
Pas un mot sur la nécessaire nouvelle architecture de sécurité collective du continent européen et le rôle que vont y jouer nos armées.
Pas un mot sur l’adaptation de notre modèle d’armée, de notre doctrine et de notre base industrielle et technologique de défense.
Pas un mot sur la notion d’épaulement de la dissuasion élargie avec nos partenaires européens volontaires…
Pire, pour flatter la frange la plus nationaliste de l’hémicycle, le Gouvernement a même laissé croire à l’existence d’une hiérarchie entre les intérêts européens et nos intérêts vitaux.
Ce projet de loi n’avait d’actualisation que le nom, et les 36 milliards d’euros supplémentaires, aussi nécessaires soient-ils, ne viennent qu’apporter plus de sincérité à une loi initiale sous-financée, comme nous l’avions dénoncé en 2023.
Par ailleurs, j’ai particulièrement insisté sur le fait que ces crédits supplémentaires ne pourront en aucun cas être un prétexte à l’affaiblissement budgétaire de services publics déjà fortement fragilisés. La mise œuvre de nouvelles recettes, justement réparties, devra être évoquée dans les prochains mois.
J’ai également alerté sur le remplacement de la Journée défense et citoyenneté (JDC) en Journée de « mobilisation » exagérément militariste et sur les conditions d’acceptabilité du nouveau dispositif d’état d’alerte de sécurité nationale étant donné la faible place accordée au contrôle parlementaire.
Nous sommes en phase avec la nécessité d’accentuer l’effort national de défense, mais celui-ci ne pourra être réalisé à n’importe quel prix. Nous serons particulièrement vigilants à ce propos.