Published On: 14 avril 2026
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Monsieur le Ministre,

Je me permets d’appeler votre attention sur une situation qui me semble profondément contradictoire avec les orientations stratégiques que porte le gouvernement en matière de réindustrialisation.

Le département de la Manche fait face à des fermetures de postes importantes dans l’Éducation nationale, alors même que notre territoire connaît un dynamisme industriel remarquable et accueille des projets d’envergure nationale et internationale.

Notre département est au cœur de filières stratégiques : l’industrie nucléaire civile à La Hague, l’industrie militaire avec Naval Group et les CMN à Cherbourg, les énergies marines renouvelables, sans oublier un tissu dense de PME et d’ETI performantes. Ces secteurs recrutent, forment et innovent. Ils ont besoin d’une main-d’œuvre qualifiée, de techniciens, d’ingénieurs, d’ouvriers spécialisés. Ils rendent notre département éminemment attractif.

Par ailleurs, le projet « Aval du Futur », porté par Orano à La Hague, illustre parfaitement cette dynamique. Ce projet, d’envergure nationale et internationale, va non seulement renforcer la filière nucléaire civile, mais aussi générer une croissance démographique significative sur notre territoire. Les prévisions d’embauches et l’arrivée de nouveaux ménages, souvent jeunes et qualifiés, entraînent déjà une pression accrue sur les infrastructures éducatives et les services publics. Cette attractivité nouvelle doit être accompagnée par un renforcement des moyens éducatifs indispensables à l’installation des familles dans notre département.

Comment prétendre accompagner le développement industriel d’un territoire tout en affaiblissant son système éducatif ? La fermeture de classes, la réduction des effectifs enseignants et la fragilisation des établissements scolaires compromettent directement notre capacité à former les talents dont nos entreprises ont besoin aujourd’hui et demain.

Les collectivités locales prennent pleinement leur part dans l’accompagnement du développement du territoire. Dans le cadre de leurs compétences, les communes, le Département et la Région s’engagent avec force dans la mise à disposition de services publics de proximité. Elles investissent dans les infrastructures de mobilité, d’accueil de la petite enfance, entre autres.

L’Etat doit lui aussi prendre sa part. Je vous demande donc d’intervenir auprès de votre collègue en charge de l’Éducation nationale afin que les décisions relatives à la carte scolaire prennent en compte la réalité économique et les besoins spécifiques des territoires en dynamique comme le nôtre. La cohérence de l’action gouvernementale l’exige.

Je sais que vous prendrez toute la mesure de la situation et je me tiens disponible pour en échanger avec vous et Monsieur le Ministre de l’Education nationale dès que possible. Dans cette attente, veuillez recevoir mes sincères salutations,

Anna PIC,
Députée de la Manche