Published On: 24 avril 2026
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Cette semaine, en commission de la Défense à l’Assemblée nationale, nous examinions le projet d’actualisation de la loi de programmation militaire 2024-2030.
Dans un contexte international de plus en plus instable, ce texte était attendu. D’ailleurs, en 2023, aucune clause de révision n’avait été prévue par le Gouvernement : nous, socialistes, avions conditionné notre soutien à son inscription. C’est aujourd’hui chose faite.
Mais derrière cette actualisation, la réalité est plus décevante.
👉 Le Gouvernement propose avant tout un ajustement budgétaire. Les 36 milliards d’euros supplémentaires permettront surtout de rendre crédibles… les objectifs fixés en 2023, déjà sous-évalués à l’époque.
👉 Pourtant, le monde a changé. Intensification des conflits, transformations profondes des modes de guerre (drones, nouvelles technologies)… Nous sommes à un moment de bascule, sans que ce texte n’opère de véritable choix stratégique pour notre modèle d’armée.
👉 Comme trop souvent sur les questions de défense, le Parlement a été tenu à l’écart, consulté tardivement et dans des conditions insatisfaisantes. Nos industriels de défense auraient également mérité une association plus étroite.
👉 L’accumulation de priorités, sans hiérarchisation claire, fait craindre un saupoudrage inefficace face à la perspective de conflits de haute intensité à l’horizon 2030.
👉 Surtout, la dimension humaine est le parent pauvre de cette programmation. Recrutement, fidélisation, conditions de vie : nos armées ne sont pas qu’une question de moyens, mais d’hommes et de femmes.
Nous le disons clairement : il faut sortir d’une logique purement budgétaire pour repenser notre stratégie globale. La France doit assumer son ambition et se donner les moyens de son indépendance stratégique.
Enfin, cette montée en puissance de l’effort militaire posera inévitablement la question de son financement. Hors de question qu’il se fasse au détriment de nos services publics. De nouvelles ressources devront être mobilisées pour répondre à cet enjeu national.
La défense de notre pays mérite mieux qu’un simple ajustement : elle exige une vision.