Published On: 6 octobre 2026
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J’étais invitée ce weekend à la fête de la rose de la fédération des Hauts-de-Seine pour une table ronde sur les risques de soutien des multinationales de la tech à l’extrême droite dans les prochaines échéances électorales.
Partout en Europe et dans le monde, les réseaux sociaux et les technologies numériques sont vecteurs d’ingérences étrangères et de manipulation de l’opinion publique. Fake news, complotisme, mise en avant d’images de violence,… Les multinationales sont les seules à maîtriser leurs algorithmes et à définir comment les contenus sont diffusés et poussés.
Les exemples sont nombreux. En Roumanie, les élections présidentielles ont dû être annulées en raison d’opération d’influence sur les réseaux sociaux. En République de Moldava, un réseau numérique financé par la Russie, diffusant de fausses informations et organisant le financement d’électeurs, a été mis au jour.
Si les géants de la tech ont d’abord largement bénéficié de la politique des démocrates aux Etats-Unis, notamment d’investissements massifs dans la recherche, ils trouvent désormais dans les régimes autoritaires un nouvel espace pour continuer leur prédation et diffuser l’idéologie de l’extrême droite.
L’influence des technologies dans nos démocraties est donc aujourd’hui indéniable et transforme les conditions même dans lesquelles le débat démocratique se déroule. Comment agir? Comment répondre ? La Finlande, les pays Baltes, ou encore Taïwan nous offrent des éléments de réponse. D’abord, réguler et légiférer permet d’encadrer la domination économique des grandes plateformes. Le RGPD, le DSA et le DMA sont ainsi des règlements essentiels prouvant qu’il est possible d’imposer des règles aux acteurs technologiques. La réponse de Trump aux règlements européens, avec la menace d’une surtaxe, montre d’ailleurs que la régulation européenne peut produire un rapport de force. Il ne faut donc rien lâcher : appliquer nos règles, sanctionner ceux qui les contournent et exiger la transparence sur les pratiques, les algorithmes et les financements.
Mais cela ne suffira pas. Nous devons permettre à la société civile de prendre toute sa part dans cette vigilance et dans cette régulation.