En février dernier, le Gouvernement publiait la troisième édition de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3), le document stratégique de pilotage de la politique énergétique française.
Après 3 ans de rencontres, de tables rondes, de courriers, d’échanges informels, le rôle futur de la filière hydrolienne dans notre mix énergétique était enfin reconnu avec le lancement d’un premier appel d’offres commercial à horizon 2030.
Tous les feux semblaient au vert. C’est donc avec surprise (et agacement) que j’ai appris de nos industriels qu’ils étaient encore dans l’attente d’actes administratifs permettant le lancement des projets pilotes au raz Blanchard.
Que de temps perdu alors que les projets sont prêts à être lancés !
La mobilisation continue et nous sollicitons, avec les membres de la coalition parlementaire transpartisane dont je suis à l’initiative, le Premier ministre pour faire avancer la situation.
Courrier adressé à Sébastien Lecornu :
Monsieur le Premier ministre,
Le 13 février dernier, le Gouvernement publiait la troisième édition de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3), document stratégique de pilotage de la politique énergétique française.
Après trois ans d’attente, cette publication constituait un signal fort et attendu par l’ensemble des acteurs du secteur énergétique. Ainsi, en affirmant le lancement d’un premier appel d’offres commercial de 250MW à horizon 2030, le Gouvernement reconnaissait le rôle futur de la filière hydrolienne dans notre mix énergétique.
L’hydrolien présente des atouts uniques tels qu’une production d’électricité décarbonée, totalement prédictible et disponible chaque jour de l’année, indépendamment des conditions météorologiques, ainsi qu’une chaîne de valeur en grande partie française, créatrice d’emplois industriels et de souveraineté énergétique.
Néanmoins, malgré cette reconnaissance stratégique, les deux projets pilotes français, à savoir FloWatt d’Hydroquest (17MW) et NH1 de Normandie Hydroliennes (12MW), demeurent dans l’attente des actes administratifs permettant d’atteindre le jalon de décision finale d’investissement, synonyme de lancement de construction.
En effet, ceux-ci demeurent en attente de l’envoi, par le Gouvernement français, de la demande officielle de notification des aides d’État à la Commission européenne, puis de la publication indispensable d’un arrêté tarifaire de filière fixant le mécanisme de rémunération applicable à l’électricité produite et vendue par ces projets.
Plus de trois mois ont ainsi été perdus sans explication claire, alors même que les projets disposent de toutes les autres autorisations administratives nécessaires à leur construction, leur raccordement et leur exploitation. Tout retard supplémentaire fragilise fortement le calendrier de déploiement de la filière, remet en cause la viabilité économique des projets pilotes, et compromet la capacité de la France à structurer la filière.
Si rien n’est fait rapidement, le risque de voir les industriels revendre leurs innovations technologiques à des acteurs étrangers est significatif.
Je vous remercie de l’attention que vous porterez à ces éléments et vous prie de croire, Monsieur le Premier ministre, en l’assurance de ma considération républicaine.
Anna PIC
Députée de la Manche